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Prendre un congé sabbatique pour changer de voie

 

congé sabbatique et carriere

Le congé sabbatique permet, sous certaines conditions, de suspendre son contrat de travail pendant une durée de 6 à 11 mois, pour réaliser des projets personnels avec l’assurance de retrouver son emploi à son retour. Si vous envisagez de prendre un congé sabbatique, lisez attentivement ce témoignage de David, qui revient ici en détail sur son expérience récente de ce congé pour convenance personnelle. Motivations, rapports avec l’employeur, expérience humaine et retour à l’emploi, tous ces aspects sont passés en revue dans cette interview.
 

Le congé sabbatique : « conséquences d’événements familiaux »

La prise de ce congé sabbatique est en fait la conséquence d'événements familiaux. Ma femme est taïwanaise. En mars 2010, après avoir dû retourner chez elle en urgence en raison de la santé de son père, il nous est apparu évident que ma femme devait envisager de rentrer chez elle pour une plus longue période. Ce qu'elle a fait début 2011, le temps de régler sa situation professionnelle en France. Le congé sabbatique me permettait de l'accompagner durant ce séjour et d'en profiter pour y apprendre la langue.
 

Le congé sabbatique, « moment carrefour de la carrière »

C'est arrivé à un moment où j'étais alors à un carrefour dans ma carrière. Après plusieurs années dans le développement logiciel en tant que responsable produit, il devenait logique que je m'oriente vers d'autres voies plus en adéquation avec mon âge et mes compétences. Avant d'opérer ce changement, et avec le fait que ma femme ait à retourner chez elle pour une longue durée, il m'a semblé intéressant de faire une "pause" avant de prendre ce tournant. L'idée première était de profiter de la situation pour enfin apprendre le chinois, et de le faire en immersion. Lorsque cette décision a été claire dans mon esprit, (pendant l'été 2010), il m'est apparu que le congé sabbatique était une excellente solution. Il représentait la certitude de récupérer mon emploi, ou un poste équivalent, à la fin du séjour.
 

Annonce du départ : « anticipation et planification »

Lorsqu’est née ma volonté de partir en congé sabbatique, j'étais salarié. Suivant ma convention collective, j'avais droit au congé sabbatique, possédant plus de dix ans d'expérience. La demande se déposait trois mois avant la date voulue, et l'employeur avait lui le droit de refuser le congé une fois. Dans mon cas,  j'avais planifié un départ "effectif" en congé fin mars 2011, en prenant en compte de nombreux paramètres. (Affaires en cours côté professionnel, organisation matérielle du départ, cas des meubles, appartements, départ de ma femme, obtention des visas, des certificats médicaux, etc.).

J'ai prévenu ma hiérarchie dès la fin de l'été 2010, soit un peu plus de 7 mois à l'avance, en toute transparence. J'avais passé plus de 13 ans dans cette entreprise et il me semblait normal de tout faire pour que tout se passe au mieux. Cela me permettait aussi de me prémunir d'un éventuel, mais peu probable dans mon cas, premier refus. 

« Ma demande a était très bien accueillie. Ma hiérarchie n'a fait aucune difficulté. Nous avons pu chercher un remplaçant et mettre en place un transfert de connaissance sans être dans l'urgence comme cela peut se passer dans le cadre d'une démission ou d'une mutation. »
 

Le congé sabbatique : « bénéfique en tous points »

Il s'est très bien déroulé sur de nombreux points. J'ai appris pendant un an une nouvelle langue. (Je dois avouer que retourner à l'université à un certain âge a été un peu surprenant au début…) J'ai surtout découvert une nouvelle culture, de nouvelles façons de penser, bref un nouvel environnement. Sur le plan familial j'ai pu apprendre à mieux connaître les origines de mon épouse. Je me suis confronté à quelque chose de complètement différent par rapport à ma vie en France et je me suis découvert de nouvelles envies professionnelles. 
 

Fin du congé sabbatique : « démissionner pour poursuivre l’aventure »

Peu avant la fin de mon congé sabbatique, j'ai décidé de poursuivre cette expérience de vie à l'étranger, et j'ai donc démissionné, tout simplement. Les difficultés, ce sont celles rencontrées lorsqu'on prend un nouveau départ sur le plan professionnel, dans un tout autre domaine que celui où l'on exerçait auparavant. (Se faire connaître, se faire un réseau, etc.). En y ajoutant le fait de le faire dans un pays étranger avec la difficulté de la langue. Pour l'instant, ça semble progresser dans le bon sens.

Le congé sabbatique : « un outil formidable »

« Il faut bien prendre conscience que le congé sabbatique est un outil formidable. Il permet de se lancer dans un projet avec la certitude de pouvoir retrouver son emploi si cela ne fonctionne pas. En ces temps de crise, c'est un luxe qu'il faut souligner» 

Mon conseil, ce serait de bien préparer longtemps en amont ce congé. De vraiment identifier les raisons qui vous poussent à envisager cette pause. De ne le prendre que si on a une idée précise de ce qu'on veut en faire. De ne pas hésiter à prévenir votre hiérarchie longtemps en amont. Elle vous aidera non seulement à préparer votre départ, mais aussi votre retour. Et surtout de ne pas avoir peur de tenter l'expérience !

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