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Eviter le burn out : Le congé sabbatique peut vous aider

 

burn out et congé sabbatique

Le congé sabbatique permet, sous certaines conditions, de suspendre son contrat de travail pendant une durée de 6 à 11 mois, pour réaliser des projets personnels avec la sécurité de retrouver son emploi à son retour. Dans une période économiquement difficile, les situations de stress intense, dites de « burn out » sont aujourd’hui monnaie courante. Ce type d’état résulte généralement d’une exploitation abusive et inconsidéré du corps, qui a pour effet la perte d’énergie pouvant aller jusqu’à l’anéantissement d’une personne. Dans cette situation, le recours au congé sabbatique peut s’avérer une solution efficace, à condition qu’un vrai projet soit clairement défini. Responsable des ventes Europe dans une société éditrice de progiciels bancaires, Nicolas décide en 2011 d’opter pour le congé sabbatique. Dans ce témoignage, il évoque le déroulement de son congé et la façon dont il a progressivement remonté la pente.
 

Pourquoi avez-vous choisi de prendre un congé sabbatique ?

Plusieurs facteurs se sont combinés pour en faire une décision logique. D’abord, je cultive depuis toujours des envies de long voyage à la découverte directe du monde, de réalités différentes. Comme je voyageais beaucoup pour le travail, ce désir était quelque peu assouvi et n’est donc pas le critère déterminant. Ensuite, dans le cadre d'une vie professionnelle intense, j'étais en situation de burn-out. Perte de repères, de vie sociale, prise de poids non compensée par la pratique de sport, vie sentimentale nulle, prise excessive d’alcool. Et biensûr, la fuite dans le travail : un cercle vicieux. J'ai pris en partie conscience de cet état de fait dès 2008 et ai pensé à démissionner, mais je voulais en faire une démarche constructive et pas une fuite.

Finalement,j'ai rencontré en 2010 quelqu’un dans ma vie, qui était dans une situation similaire. Nos stresses et déplacements respectifs n'aidaient pas à établir une relation saine et nous frustraient. Au bout d’un an de vie commune, nous avons décidé de partir en voyage ensemble pour nous reconstruire individuellement, et nous construire comme couple. Nous avons pris le temps de bien préparer ce projet.
 

A quel stade de votre carrière l’avez-vous réalisé et pourquoi ?

J'aurais pu partir réaliser ce vieux rêve de voyage plus tôt. Financièrement, rien ne s'y opposait. Mais je ne voulais pas en faire une fuite, et préférais faire le « tour de la question » à mon poste, pour partir sur un sentiment de réussite professionnelle. Les défis se sont enchaînés et j ai voulu tous les relever, ce qui explique ma relative longévité dans une seule entreprise (entre temps rachetée). J'aurais pu continuer longtemps à ce poste : bonne rémunération, cycles de vente long terme... mais ce moment était le bon pour retrouver un bon équilibre satisfaction/qualité de vie.
 

Que vous a apporté ce congé sabbatique d’un point de vue personnel/professionnel ?

Énormément, et c'était le but. Le congé sabbatique me permet de prendre du recul sur ma vie passée, et d'inverser le rapport vie privée/vie professionnelle. C est à dire que la seconde dirigeait la première, alors que dans un monde idéal elles doivent s'influencer mutuellement. La vie professionnelle doit suivre une éthique développée dans la vie personnelle (qui auparavant était soumise au rythme professionnel).
J'ai confiance en ma capacité de mener une vie professionnelle satisfaisante dans de nombreux domaines. L'important pour moi était donc de prendre du temps pour déterminer quelles sont les valeurs personnelles à mettre en pratique (les priorités de vie). Le voyage qui était un but est devenu un simple contexte.

A la fois d un point de vue du rythme, des relations au bureau (grande entreprise américaine avec peu d'empathie), éthique (secteur financier), géographique (vie en grande ville), la décision de ne pas reprendre mon poste a été logique à prendre.
 

Comment a été reçue votre demande par votre employeur ?

J'ai posé ma demande de congé sabbatique avec neuf mois d'avance sur la date de départ, ce qui la rendait obligatoirement recevable (puisqu il faut 3 mois de préavis et que l'employeur peut la refuser pendant 6 mois). Mon employeur a donc reçu la chose très placidement, d'autant plus que je leur donnais beaucoup de temps pour que nous puissions préparer ma succession sereinement. Aucune difficulté.
 

Comment envisagez-vous votre retour à l’emploi ?

Je me donne encore du temps, entre 6 mois et un an, pour établir un nouveau projet professionnel. Ma compagne a trouvé un CDD pour la période de 4 mois suivant notre retour (en octobre) et je la suivrai à cet endroit. J'en profiterai pour donner du temps en bénévolat, et poursuivre ma réflexion. J'ai quelques idées. Je n'ai pas de crainte particulière, car je sais que de nombreuses portes me sont ouvertes, en particulier mon ancien employeur avec qui je suis resté en bons termes. De plus, je sais que je ne retrouverai pas un niveau de rémunération comparable, mais mon nouvel équilibre personnel me permet de relativiser l'importance de l'argent.


Conclusion 

Le congé sabbatique (lire notre dossier dessus) est une vraie chance que nous donne notre système national. Beaucoup de mes collègues britanniques ou américains en sont jaloux. Il importe donc d'en faire un usage raisonnable et utile. Le congé sabbatique doit donc servir un projet, plutôt qu'être utilisé en tant que longues vacances, ou de fuite. La conclusion : le préparer avec beaucoup de sérieux pour le vivre pleinement et sereinement, et cela inclut la suite du congé. Prévenir son employeur longtemps en avance en argumentant la démarche est aussi utile. Rester en bons termes avec lui est (évidemment) essentiel, même si la vie professionnelle est un facteur de départ. Sinon le départ peut se transformer en cauchemar et compliquer le retour...


 

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