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Comment la communication non violente peut changer vos relations dans l'entreprise ?

Publie le 05 Avril 2018 12:47

Résouder les conflits, qui existent au sein de l'entreprise sont la clé d'un dialogue harmonieux entre tous les collaborateurs. Mais encore faut-il s'entendre ensemble ! Pour désamorcer les conflits, nous avons interrogé Yves Orduna, coach de vie et formé à la communication non-violente, ce qui pourrait vous intéresser.

Sophrologue depuis 2000, Yves Orduna se spécialise dans le domaine de l’inconscient par le biais du rêve éveillé dirigé et libre (méthode développée par Robert Désoille fin XIXe et début XXe siècle). Il exerce alors sur Nice et abandonne son activité pour s’intéresser de plus près sur les états modifiés de conscience. Il visite le Pérou plusieurs années consécutives avant d’y vivre une année entière. Ce sont les approches telles que le chamanisme, le Reiki, et la méditation qui le conduisent à se former aux neurosciences, aux croyances limitantes, au créativisme et à la PNL.

Il est l’auteur de plusieurs livres dont  « Les nouveaux chemins de la sophrologie » aux éditions Pygmalion et j’ai lu. « Le Reiki de l’harmonie » aux éditions Bénévent (épuisé). Et « La sagesse des Andes » auprès de TheBookéditions.

1) D’après vous, qu’est-ce que ça signifie, la communication non violente dans la vie et au travail ?

Au quotidien, tout individu fait face à de nombreuses sollicitations dans la vie personnelle et professionnelle. Payer ses factures à temps, assumer sa charge de travail, supporter la pression de ses supérieurs, faire des concessions, assumer des maladresses, les siennes ou celles des autres n’a rien de très complaisant. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer qu’on est constamment sur ses gardes, capables d’apporter une réponse respectueuse, rationnelle et objective. Pourtant, c’est exactement ce que nous propose la communication non violente.

Carl Rogers (psychologue humaniste américain du XXe siècle) et un précurseur dans ce domaine. Il est le fondateur de ce qu’on appelle l’écoute active. Elle invite à l’introspection afin d’aider l’individu à reconnaitre ses propres déviances. Il doit pour cela explorer son ressenti, ses émotions et ses besoins avec empathie, sans se juger. Ainsi, seulement, il sera en mesure de mieux écouter l’autre et de comprendre les émotions qui l’animent. L’écoute active permet une reconnaissance de l’effet miroir dans l’autre. Comme lui, je ressens, j’éprouve des besoins. Quand ils ne sont pas satisfaits, cela peut éveiller des sentiments profonds de frustration et de colère. Je me dois donc de les reconnaitre et de les exprimer sans blesser mon interlocuteur.
Marshall Rosenberg qui est l’élève de Carl Rogers mettra en évidence les moyens utiles pour évoluer dans la communication non violente.

Alors, comment l’intégrer dans le quotidien ou la vie professionnelle ?

On imagine mal quelqu’un capable de courtoisie confrontée à un drame dont il serait la victime. Tout le monde a fait un jour l’expérience d’une parole déplacée, d’une volonté de blesser l’autre.

Qui ne s’est jamais justifié d’un comportement inapproprié ? Est-ce pour autant qu’il faille s’incliner devant nos habitudes sans chercher à les remettre en question ?

La communication non violente s’invite tout à fait à propos dans les familles, les institutions, les entreprises et tous les groupes humains. Elle permet de pointer le doigt accusateur vers soi, afin que l’on se rende compte des sentiments qui nous animent. Cette phase d’introspection permet que l’on prenne de la distance par rapport à l’autre. Ce recul devant une situation complexe ou conflictuelle réduit considérablement l’impact émotionnel jusqu’alors mal géré.

Il ne s’agit pas de devenir un maître suprême de la diplomatie en trois leçons. Mais par la pratique de la communication non violente, d’apprendre à identifier ses émotions, ses sentiments et surtout ses besoins. Ensuite, d’apprendre l’empathie, dans le but unique de permettre à chacun de se sentir écouté et respecté. Commencer à prendre en considération son interlocuteur afin de lui permettre d’en faire autant.
Il est essentiel de se familiariser avec une méthodologie langagière singulière si l’on veut rompre avec des habitudes grossières.


2)  En quoi la communication non violente peut aider dans la vie professionnelle ?

Comme je l’ai signifié plus haut, ce qui est important, c’est de faire évoluer la sphère à laquelle on est accoutumé. Concrètement, c’est observer combien la négativité à laquelle on s’abonne facilement, comme de laisser sa mauvaise humeur prendre le dessus, répondre sans vergogne, pratiquer le cynisme peuvent impacter défavorablement le moral, la santé et les conditions de travail. Se rendre compte que plus on se concentre sur les problèmes, moins on trouve de solutions.

En somme, ce qui est recommandé en tout premier lieu dans une entreprise, c’est d’analyser ensemble les problèmes, les situations conflictuelles et de les observer de manière objective. Arriver à se détacher du jugement et de l’évaluation afin de se concentrer sur ses propres besoins surtout ceux qui n'ont pas été satisfaits. Ensuite, c’est s’autoriser à exprimer ce que l’on ressent, comme la colère, la tristesse, la frustration... Ressentir quelque chose, ça n’est pas accuser quelqu'un ! 

En exprimant ses faiblesses, l’individu identifie ses besoins. Son interlocuteur sera alors plus à même d’apporter une réponse efficiente.

En conclusion, je dirais que la communication non violente est un vecteur de relations qualitatives. Elle est indispensable au sein des entreprises, car elle  permet une ambiance seine en plus de la rendre précurseur en matière de responsabilité et de bienveillance envers son personnel. 

3) Quels conseils pourriez-vous donner à un salarié en conflit avec sa hiérarchie et dépasser par la somme du travail qu’il a à faire ?

La communication non violente n’est pas une baguette qu’on s’emploierait à utiliser avec des mots incantatoires pour solutionner tous les problèmes comme par magie. S’engager dans la communication non violente, c’est comme d’entreprendre une démarche personnelle authentique en vue de s’améliorer. Avant d’être une méthodologie appliquée, elle est un cheminement intérieur d’introspection, comme il a été dit plus haut.

Toutefois, pour les personnes qui auraient besoin d’une aide pratique face à des difficultés comme celle exposée dans la question, je dirais qu’il conviendrait de prendre un rendez-vous avec un coach de vie. Lui exposer la problématique. Car dans ce cas précis, il aiderait la personne à analyser la situation de manière objective.  C’est-à-dire qu’il l’obligerait à se référer à la réalité, plutôt qu’à la manière subjective de considérer les choses. Ensuite, il l’inviterait à exprimer ce qu’elle ressent face à la situation, à comprendre ces besoins.

Il l’interrogerait sur la ou les valeurs touchées lorsque ses besoins n’ont pas été satisfaits. Enfin, après quelques autres étapes indispensables pour relativiser, il l’aiderait à formuler la demande qui lui permettrait de se sentir respecté tout en renvoyant à sa hiérarchie sa part de responsabilité.

La communication non violente aurait pour objectif :

  • D’aider la personne à mieux assumer sa charge de travail sans se laisser déborder émotionnellement.
  • De lui permettre de se positionner dans son rôle, tout en renvoyant à la hiérarchie son pouvoir de déléguer les différentes tâches à d’autres employés. 
  • De rendre compte régulièrement de son travail effectué, afin qu’elle n'ait plus à subir autant de pression.

Le dialogue entre les deux partis permettrait à chacun de s’exprimer librement, ce qui limiterait considérablement les malentendus. Des prises de conscience se feraient sur les besoins de chacun et une solution finirait par satisfaire tout le monde.

4) D’après votre expérience, quelles sont les premières mesures « non violentes » à mettre immédiatement en place dans sa vie ?

La première toute première étape consiste à se libérer de la comparaison et du jugement. Accepter que chacun ait un point de vue différent, une carte du monde qui lui est propre, même si l’on parle du même territoire. Comprendre qu’on regarde le monde à travers nos propres filtres nous aide à relativiser, à prendre de la distance et donc, à moins nous laisser envahir par les émotions.

Ne rien exiger de l’autre et un point essentiel. On ne peut exiger que de soi-même. L’exemple que j’aime donner à ce sujet, c’est celui d’une voiture qui arriverait à plus de 100 kilomètres-heure sur une route départementale qui traverse un village. Lorsque vous la voyez arriver, vous n’allez pas vous mettre en travers de la route pour l’obliger à s’arrêter. Vous ne survivriez pas à l’expérience et au final, vous n’obtiendriez pas gain de cause. La seule chose que vous puissiez faire, c’est d’agir sur vous-même, d’arrêter votre marche et de laisser la voiture passer. Ensuite, personne ne vous empêche de prendre les numéros de la plaque d’immatriculation et d’avertir la police.

Le conflit est inutile !

Se mettre à la place de l’autre. Tenter de comprendre son point de vue. En tous les cas, admettre que c’est le sien, même si vous n’êtes pas d’accord.

Lorsqu’une personne fait quelque chose qui vous insupporte, ne l’accusez pas. Faites-lui plutôt part de ce que vous ressentez lorsqu’elle agit comme elle le fait, sans évaluer. Par exemple, quelqu’un qui vous dit que votre travail est mal fait. Dites-lui que lorsqu’il vous dit que votre travail est mal fait, cela vous affecte, que vous vous sentez mal, que cela vous attriste. Exprimez votre besoin. Cela peut être qu’on vous explique comment faire, comment mieux vous y prendre, comment vous améliorer. Les encouragements sont toujours plus appréciés que la critique


6) En tant que coach vous proposez un accompagnement en communication non violente, comment cela se déroule-t-il ? Existe-t-il des formations à faire pour ceux qui veulent porter la communication non violente sur leur lieu de travail ?

En tant que coach, je propose un accompagnement qui consiste à prendre en considération les besoins de la personne, à lui permettre de les identifier et à les exprimer. Le coaching sert aussi à se libérer des mécanismes autosabotant liés à des croyances limitantes. Par exemple, on me présente souvent un problème d’une manière générale, ce qui fait souvent apparaitre les croyances qui s’en dégagent. Si l’on me dit : « je n’arrive pas à gagner de l’argent », on ne m’explique pas la raison ni les moyens qui font qu’on puisse avoir cette impression. On est dans l’expression d’une croyance limitante. On s’est écarté de la réalité. Je vais donc aider la personne à se recentrer sur des faits bien précis qui sont à l’origine de ses croyances et la libérer de ses filtres.

La séance de coaching en individuel permet de cibler plusieurs aspects de la vie et de faire apparaitre plusieurs mécanismes inappropriés et donc, de les corriger.

La formation en ligne (online, E-learning…) permet un accès libre à des outils de qualités au quotidien. Elle offre à ceux qui le désirent la possibilité de travailler sur soi via des cours, de la vidéo, des exercices, du coaching en live avec un coach en direct sur Skype d’avancer dans son parcours de vie personnelle et professionnelle.

Voici le lien qui vous permet d’accéder à la formation de la communication responsable que je propose : l'eBook "Communication Responsable" https://goo.gl/vXjoPY

Enfin, je mets à la disposition des entreprises une formation de 5 jours contenant 35 heures de cours sur la communication responsable contenant des modules sur la communication non violente, l’analyse transactionnelle, les croyances limitantes et la confiance en soi. Voici le lien pour avoir plus de renseignements sur le sujet.

6) Pensez-vous que nous puissions réellement dans le monde de l’entreprise aujourd’hui, passer de la compétition à la coopération ?

Je constate que de plus en plus de cadres, de chefs d’entreprises et d’entrepreneurs s’informent et se forment au leadership bienveillant, à l’art de communication responsable, à l'analyse systémique, laquelle offre aux dirigeants une approche efficace d’organisation de leur entreprise. J’en conclus donc que le monde de l’entrepreneuriat réfléchit de plus en plus au pouvoir de la coopération, plutôt qu’à la force de la compétition qui est arrivée à ses limites.

Développer un potentiel réclame l’encouragement d’un ensemble. La compétition ressemble davantage à un pouvoir qui écarte le plus faible ignorant tout de son potentiel participatif à différents niveaux de contribution essentielle à l’entreprise.

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