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Les blagues à ne pas faire à son employeur

Publie le 17 Juin 2014 19:03

Poisson d'Avril!

Les blagues de Toto, c'est pas votre rayon. Vous êtes dans l'animation, la vraie! 
Vous êtes le bout-en-train du bureau, vos collègues vous admirent pour votre franc-parlé, votre culot. Vous osez tout et vous êtes prêt à tout pour faire rire l'assistance.
Toutes les blagues sont bonnes ? Le milieu professionnel ne semble pas être du même avis.
Quelles sont les blagues que vous pouvez faire sans risquez de vous faire licencier ? 

Faire croire à votre patron que vous démissionnez

Démission

En ce moment au boulot, c’est la période de rush ! Parce que vous en avez marre de votre patron, – ça c’est habituel – vous décidez qu’une petite blague ne lui fera pas de mal.
Alors qu’il a besoin de tous ses salariés sur le pied de guerre, vous lui faites croire que vous démissionnez !
Pour que votre démission soit valable, elle doit être claire et non-équivoque.
Telle est le cas si vous lui adressez une lettre, exprimant cette « volonté » de démissionner.
Toutefois, restez vigilent, si votre employeur prend au sérieux votre blague, vous pourriez vous retrouver sans job, sans indemnité, sans rien.
Soyez tranquille, les juges ne caractérisent pas facilement une démission.
Ils sont indulgents : refus de rendre valable la démission d’un salarié qui l’avait présentée à son employeur suite à un mouvement d’irritation ou de mauvaise humeur.
Une sanction disciplinaire pourrait néanmoins être envisagée à votre égard dans la mesure où votre blague aurait effectivement causé du tracas à votre employeur : un avertissement vous fera le plus grand bien.

Faire croire à votre collègue que vous êtes amoureux d’elle

Harcèlement sexuel

Vous avez parié avec vos copains du bureau que vous allez pour le 1er avril, faire croire à une de vos collègues que vous êtes tombé raide dingue amoureux d’elle.
Pour se faire, vous commencez à lui envoyer des avions en papier comportant des mots d’amour, des mots de tous les jours.
Puis vous continuez en lui faisant du charme, et puis du charme on passe au rentre dedans… vous lui faites des remarques à connotation sexuelle, puis vous la suivez jusqu’aux toilettes. Vous en êtes déjà à lui demander si elle était libre ce soir et puis vous lui demandez autre chose… Oui, tant qu’à faire, autant aller jusqu’au bout de la blague.
Attention… vous fleuretez avec le harcèlement sexuel.
Le harcèlement sexuel peut être constaté par des faits répétés ayant une connotation sexuelle.
Votre comportement entraine pour vous et vos collègues une grande hilarité mais pour votre proie du jour, la situation est intimidante, voire offensante, humiliante.
Pire ! Vous pouvez vous rendre harceleur par un seul fait, celui de faire croire à votre collègue que vous la menacez pour qu’elle accepte un acte de nature sexuelle avec vous.
Vous l’avez compris, évitez ce poisson d’avril, cette blague pourrait vous coûter un licenciement pour faute grave, une amende de 30 000 euros et une peine pouvant aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement.

Faire croire à votre patron que vous êtes victime de harcèlement

Harcèlement moral

Vous avez envie de titiller un de vos collègues qui adore les blagues.
Vous allez voir votre employeur et vous lui inventé tout un monde dans lequel votre collègue en question vous harcèle depuis des mois.
Il vous rabaisserait tous les jours devant les autres, il vous humilierait en faisant circuler tout un tas de rumeurs sur vous, il se ferait un malin plaisir à vous pointer du doigt pour le moindre problème…
Vous y êtes allé fort, une blague pareille, ça peut vite tourner au vinaigre.
En principe, le fait de dénoncer des faits de harcèlement moral alors même que par la suite, ces faits ne seraient pas suffisants pour retenir une telle qualification, n’est pas sanctionnable.
Par exception, vous pouvez être sanctionné si vous avez dénoncé des faits imaginaires.
Votre mauvaise foi pourra justifier votre licenciement pour faute grave !
Malheureusement, pas tous les employeurs ne sont dotés d’un sens de l’humour pouvant supporter vos meilleures blagues.

Faire croire à votre patron que vous êtes devenu malpoli

Injure à son employeur

Cette année, vous avez encore eu une idée de génie : vous voulez faire croire à votre employeur que vous êtes devenu le rebelle de l’année.
Pour se faire, quoi de mieux qu’une bonne dose d’insultes toutes aussi juteuses les unes que les autres.
Il est 10h00 : arrivée de votre boss en compagnie de quelques clients.
C’est l’ouverture des festivités, pour amuser et épater vos collègues vous envoyez à votre patron tout un tas d’injures et accusations…
Pourtant cette blague de bon goût pourrait vous apporter bien plus que l’hilarité et l’admiration de vos collègues de travail.
En effet, les juges ont tendance à être clément envers les salariés lorsqu’ils lâchent 1 ou 2 injures à leur employeur quand ils sont énervés.
Ils les tolèrent parce qu’on peut comprendre que l’annonce d’une éventuelle perte d’emploi peut nous mettre en colère.
Cependant, tel n’est pas le cas lorsque vous insultez votre employeur sans raison apparente, même pour une bonne blague.
Vous avez insulté votre employeur devant ses clients… alors là, c’est le pompon, dans la mesure où ces insultes peuvent être analysées en une intention de nuire à votre employeur, celui-ci pourra vous licencier pour faute lourde !

Conclusion

Le milieu de l’entreprise semble être le milieu idéal pour les blagues du 1er avril.
Vous devez garder à l’esprit que le milieu professionnel est un monde de règles dont le manquement peut vous valoir votre place.
Préférez donc le classique du poisson d’avril : le poisson dans le dos !

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